There's a particular kind of attention that fairs demand. You move fast, you scan, you compare. Then something stops you.

At Drawing Now, it happened three times.
Guillermo Mora hangs cut paper from a wall. Below, the scraps accumulate on the floor — the work in the process of becoming its own remains. Nothing is hidden. The piece doesn't pretend to last. And somehow that honesty makes it more present, not less.
A few steps further, Sophie Bouvier Ausländer's watercolour asks nothing of you. Green and blue, forms that float and dissolve, no fixed edges. I didn't try to understand it. I just looked. There's a kind of lightness that isn't indifference — this was it.

Michiko Van de Velde draws light that already exists. Under trees, sunlight passing through leaves projects thousands of tiny suns onto the ground — each gap in the foliage a natural lens, each circle of light a solar image. She traces these projections by hand, drawing over them with a projector. Hours of work to render something that happens every day without anyone stopping to look.
Three artists who don't know each other, working in different materials, arriving at the same quiet insistence: nothing holds — so look now, while it lasts.

While it lasts — that might be the only honest reason to look at anything.
Pendant que ça dure
Les foires ont leur propre rythme. On avance vite, on compare, on scanne. Et puis quelque chose arrête.
À Drawing Now, c'est arrivé trois fois.
Guillermo Mora suspend des feuilles de papier découpées sur un mur. En bas, les chutes s'accumulent, l'œuvre en train de devenir ses propres restes. Rien n'est dissimulé. Le travail n'essaie pas de durer. Et c'est précisément cette honnêteté qui le rend présent.
Un peu plus loin, l'aquarelle de Sophie Bouvier Ausländer ne demande rien. Du vert, du bleu, des formes qui flottent sans chercher à rester. Je n'ai pas cherché à comprendre. J'ai juste regardé. Il existe une légèreté qui n'est pas l'indifférence; c'était ça.
Michiko Van de Velde dessine une lumière qui existe déjà. Sous les arbres, le soleil filtré par les feuilles projette des milliers de petits soleils au sol, chaque trouée dans le feuillage devient un objectif naturel, chaque cercle de lumière une image solaire. Elle trace ces projections à la main, en dessinant par-dessus avec un projecteur. Des heures de travail pour rendre visible ce qui se passe chaque jour sans que personne ne s'arrête.
Trois artistes qui ne se connaissent pas, des matériaux différents, la même insistance tranquille : rien ne tient — alors regarde maintenant, pendant que ça dure.
Pendant que ça dure — c'est peut-être la seule raison honnête de regarder quoi que ce soit.
Saliha